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Les risques liés à la chute lors du travail en hauteur

La chute est l’un des principaux risques du travail en hauteur. En effet, de nombreux travailleurs sont amenés à travailler au-dessus du sol comme le personnel œuvrant dans le BTP et la construction, les intervenants sur les réseaux électriques, les agents d’entretien et de nettoyage en hauteur, les techniciens de maintenance, etc.

Les conséquences d'une chute de hauteur peuvent se révéler très graves, ce qui impose aux employeurs de prévenir ce risque de chute quelle que soit la hauteur concernée et le type d'équipement utilisé : échelle, escabeau, escaliers, toit, etc.

Comment peut-on donc définir la chute de hauteur ? Quels sont les risques liés à la chute de hauteur ? Et comment peut-on les prévenir ? RMO Travail Temporaire fait le point sur les principaux risques représentés par les chutes en milieu professionnel et sur les premières mesures de prévention à mettre en œuvre.

 

Qu’est-ce qu’une chute de hauteur ?

Le travail en hauteur concerne :

  • Un emplacement de travail tels que les toitures, les charpentes, les passerelles, etc.
  • L’utilisation de certains équipements comme les échelles, les échafaudages, les plates-formes de travail afin de réaliser un travail.

Qu’il soit temporaire ou régulier, le travail en hauteur est une activité à risque pour les opérateurs en milieu professionnel. 

La chute de hauteur est consécutive à un déséquilibre d’une personne travaillant au-dessus du sol,  à proximité d’un trou ou bien d’une fosse et qui entraîne un impact violent du corps avec le sol. Elle se différencie des chutes de plain-pied par l’existence d’une dénivellation : intervention sur un pylône, rénovation d’une charpente, réalisation d’un toit-terrasse, travaux sur échafaudage, chute dans un escalier, descente d’un véhicule, etc.

Les conséquences des chutes de hauteur s’avèrent le plus souvent très graves pour les personnes qui en sont victimes, et constituent l’une des premières causes d’invalidité permanente, d’arrêts de travail et d’accidents de travail mortels.

Ce risque est présent dans de nombreux métiers réalisées dans le cadre de plusieurs secteurs d’activité comme :

  • Les couvreurs pour les travaux de réfection réalisés ;
  • Les électriciens et chauffagistes lors de l’entretien des panneaux solaires, les travaux de climatisation, etc. ;
  • Les maîtres d’œuvre (MOE) lors des visites de chantiers, ou le repérage avant travaux ;
  • Les métreurs pour les opérations de prise de mesure ;
  • Les diagnostiqueurs lors des diagnostics avant travaux ;
  • Les personnels de maintenance pour le nettoyage de toiture ou les travaux de nettoyage en hauteur en général ;
  • Les poseurs d’antennes ;
  • Les charpentiers lors des interventions sur structure ;
  • Les désamianteurs et déconstructeurs pour la dépose de toitures ;
  • Les maçons lors de la réalisation des travaux de construction en hauteur comme la reprise d’un solin sur une cheminée par exemple ;
  • Les peintres pour la peinture des toits, des cheminées, etc. ;
  • Les agriculteurs lors des réparations ponctuelles de toiture ;
  • Les agents territoriaux lors de la réalisation des travaux d’entretien et de maintenance ;
  • Les pompiers et secouristes pour les interventions lors d’incendie et les secours.

Quels sont les risques liés à la chute de hauteur ?

Dans le milieu professionnel, les chutes de hauteur peuvent survenir depuis :

  • Des toitures, charpentes, terrasses de bâtiments, etc.
  • Des moyens d’accès à des zones en surélévation : échelles, escaliers, passerelles, etc.
  • Des pylônes ou d’autres équipements de travail : échafaudage, camion-citerne, etc.

Le travail à proximité d’une tranchée, d’une fouille ou d’une falaise présente autant de risques que le travail en hauteur, bien qu’il n’est pas considéré, à proprement dire, comme étant un travail en hauteur.

Aussi, les chutes depuis des hauteurs qui peuvent être considérées comme relativement faibles ne sont pas sans danger, vu que de nombreux accidents du travail sont dus à des chutes depuis des échelles et des escabeaux.

Quant aux causes des chutes de hauteur, elles sont multiples et peuvent provenir :

  • Du sol (à proximité d’une fosse, ou du vide)
    • Sol glissant ;
    • Sol encombré.
  • Du matériel utilisé
    • Matériel en mauvais état : échelle tordue, échafaudage abîmé, etc.
    • Absence de suivi du protocole d’utilisation du matériel : une mauvaise installation d’un échafaudage par exemple.
    • La non adéquation du matériel utilisé : chaise, carton, etc.
  • De l’absence de protection
    • Pas de port des équipements de protection individuelle ;
    • Pas de filet de protection antichute.

Par ailleurs, la chute de hauteur peut avoir des conséquences plus ou moins graves aussi bien sur le salarié victime que sur l’entreprise qui l’emploie.

 

Les risques sur le salarié victime

Les chutes de hauteur provoquent des dommages corporels et psychiques importants. Elles restent une des premières causes d’accidents graves et mortels.

Les conséquences traumatiques

Les chutes de hauteur sont généralement à l’origine des atteintes physiques plus ou moins graves comme :

  • Des plaies cutanées qui peuvent être à l’origine de saignements importants ;
  • Des écrasements ;
  • Des lésions internes ;
  • Des fractures des membres supérieurs et inférieurs ;
  • Des fractures rachis lombaires et rachis cervical causant paraplégies ou quadriplégie ;
  • Des fractures de la tête humérale ;
  • Des fractures du poignet de type Pouteau-Colles ;
  • Des fractures costales ;
  • Des fracture du crâne avec le risque d’hématome sous-dural ;
  • Des traumatismes crâniens ;
  • Des hémorragies internes ;
  • Une paralysie ;
  • Un coma ;
  • Le décès.

Les conséquences psychomotrices

Au-delà des dommages physiques, les chutes de hauteur peuvent avoir des répercussions psychomotrices plus fréquentes et bien souvent plus graves telles que :

  • La grabatisation : due à une prise en charge trop lente qui peut être à l’origine d’une lourde dépendance de la victime, avec une évolution rapide vers la grabatisation ;
  • L’apparition d’un syndrome post commotionnel qui peut se manifester par :
      • De l'hyperacousie, une sensibilité auditive au bruit ;
      • Des problèmes de concentration et de mémoire ;
      • Une irritabilité ;
      • De la déprime ;
      • De l’'anxiété ;
      • De la fatigue ;
      • Une faible estime de soi ;
      • Des nausées et somnolences ;
      • Des maux de tête et des pertes d'équilibre peuvent survenir instantanément après la chute et peuvent durer longtemps.

  • Un stress post-traumatique chez la personne qui en a été victime ;

  • Un syndrome post-chute, qui peut se traduire par :
      • Une sidération des automatismes acquis ;
      • Une perte d’adaptation posturale ;
      • Des difficultés à se tenir en position debout ;
      • Une rétropulsion ;
      • Une antépulsion impossible due à la peur de la victime lorsqu’il s’agit de se projeter en avant pour démarrer la marche ;
      • Une marche à petits pas avec augmentation du polygone de sustentation et une flexion des genoux.
  •  

Les conséquences psychologiques

Les chutes sont également à l’origine de complications psychologiques comme :

  • L’apparition d’une anxiété majeure ;
  • La peur du vide ;
  • Le refus de se verticaliser ;
  • L’amplification du sentiment de fragilité ;
  • La perte de confiance en soi
  • Une auto-dévalorisation de la victime ;
  • L’apparition d’un syndrome dépressif ;
  • L’évolution vers une perte d’autonomie.

Les impacts sur l’entreprise

Les conséquences des accidents de chutes de hauteur sur l’entreprise sont multiples, on peut citer entre autres :

  • Les coûts financiers liés à la prise en charge médicale de la victime ;
  • Les versements d’indemnités journalières ;
  • Les rentes d’incapacité permanente ;
  • Les répercussions juridiques ;
  • Les coûts indirects liés à :
    • La gestion administrative de l’accident ;
    • L’absence et le remplacement de la personne blessée ;
    • La démotivation des équipes ;
    • L’impact sur l’image de l’entreprise, etc.

 

Comment prévenir les risques liés à la chute de hauteur ?

La démarche de prévention des risques des chutes de hauteur doit être conduite :

  • Dès la conception d’un ouvrage ou d’un équipement de travail ;
  • Dans l’analyse du poste de travail ;
  • Dans l’analyse du mode opératoire pour les travaux d’installation et de maintenance.

Cette démarche nécessite souvent d’impliquer des acteurs différents (concepteurs, maîtres d’ouvrage, utilisateurs des équipements…) afin d’aboutir à une solution satisfaisante.

En effet, la prévention des risques liés à la chute de hauteur doit répondre aux principes généraux de prévention, à savoir :

Éviter les risques

  • Choisir des matériaux avec protection intégrée ;
  • Prévoir des barreaudages sous lanterneaux ;
  • Déplacer les équipements à entretenir sur des niveaux de plain-pied ;
  • Privilégier les interventions par le dessous ;
  • Interdire l’accès aux toitures aux personnes non autorisées.

Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités

  • Vérifier l’état des structures et matériaux périodiquement ;
  • Réaliser un plan de prévention.

Adapter le travail aux opérateurs

Ajuster les conditions de travail réel : planning, intempéries, conditions d’éclairage, contraintes d’exploitation, etc.

Tenir compte de l’état d’évolution de la technologie

  • Choisir des matériaux de construction dont la résistance est garantie sur la durée de vie de l’ouvrage ;
  • Utiliser des robots de nettoyage/perches ;
  • Travailler à la nacelle ;
  • Utiliser un drone pour photographie d’investigation/ diagnostic.

Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas ou est moins dangereux

  • Prendre en compte la résistance, la durée de vie, le recyclage du matériau dans les critères de choix.
  • Prendre en compte les mesures de prévention dans les critères de choix des intervenants.

Planifier la prévention en y intégrant une bonne organisation du travail

  • Établir des modes opératoires et une analyse des risques ;
  • Élaborer une autorisation/ permis d’accès toiture ;
  • Rédiger un plan de prévention ;
  • N’intervenir en urgence sur les toitures qu’une fois l’analyse de risques faite ;
  • Tenir compte dans le planning des phases de mise en place des mesures de prévention.

Prendre des mesures de protection collective

  • Mettre en place des protections périphériques et en sous face comme la main courante, le garde-corps, le filet de retenue, etc.
  • Travailler à la nacelle ;
  • Former le personnel, pour une utilisation du matériel en toute sécurité.

Mettre en place des moyens de protection individuelle

  • Mettre à la disposition des opérateurs des EPI, harnais, longes, ancrages, etc.
  • Utiliser un système d’arrêt de chute : coulisseau sur rail, câbles ou cordes, stop-chute à rappel automatique, etc.

Donner les instructions appropriées aux travailleurs

  • Confier les travaux à un personnel formé au risque lié aux travaux en hauteur;
  • Mettre en place une signalisation permanente, rigide, visible en cas de neige, délimitant chaque zone fragile et interdisant son accès.

 

Grâce à son expertise de plus de 30 ans dans le domaine du travail temporaire,  RMO Travail Temporaire s’engage à recruter pour vous les meilleurs opérateurs, formés et dotés du savoir-faire, EPI et matériaux nécessaires pour la réalisation des travaux et interventions dans votre entreprise, en toute sécurité et quelle que soit votre activité.

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